Depuis 1997


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Une histoire déjà ancienne…..

Imaginé par notre union d'associations depuis 1997, l'agenda L'ESTRAN était initialement réservé aux usagers accompagnés nos associations.

Conçu, rédigé et maquetté par des travailleurs sociaux pour des travailleurs sociaux pour être le "cadeau", le lien d'accompagnement partagé entre nos équipes sociales et les publics que nous accompagnons, Il est à fois, un agenda pour y inscrire dans le temps son année, un guide pour s'orienter vers les lieux ressources quand on est dans la précarité, mais aussi un livre qui traite chaque année d'un thème auquel nous souhaitons sensibiliser nos usagers.

Un succès confirmé…..

Plébiscité au fil des ans tant par les usagers que par les services sociaux qui le distribuent, sa diffusion s'est progressivement étendue auprès de toutes les associations franciliennes au contact de publics en difficulté d'insertion. Plus de 15 000 agendas de l'édition 2009 ont ainsi été offerts par plus d'une centaine d'associations aux publics que nous accompagnons.



2010 - Edito

Pour sa quatorzième édition, l'agenda L'ESTRAN a choisi de vous accompagner sur le chemin. Non pas sur le chemin de randonnée, la route des vacances ou celle des voyages.Mais plutôt sur tous ces chemins, que vous emprunterez durant 365 jours et qui, telles les pièces d'un puzzle, constitueront votre année 2010.

Pour cela, nous serons cette année encore accompagnés par la plume de nos amis journalistes demanderus d'asile de la Maison des Journalistes mais aussi d'autres qui ont bien voulu se joindre à nous.

Au travers de leurs témoignages qui cadenderont les douze mois de l'année, nous croiserons la troublante Belissa au parfum envoûtant, Marie Thérèse la miraculée, Jesus qui rêve de "pluie de beefsteaks", l'oncle Albert et sa Vedette grans sport, mais aussi un jeune romain qui se prépare pour l'école, Enrique si triste loin de sa famille et Hacène qui avec l'âge devient sage.

Nous nous rappelerons ainsi , qu'ils existent des chemins essentiels et fondamentaux, des chemins graves et douloureux, mais aussi des chemins legers et joyeux, et encore des chemins imprévus mais riches d'espoir.

Vous découvrirez que, que vous soyez du genre à "ne pas y aller par quatre chemins", du genre à préférer "les chemins de traverse", du genre à avoir beaucoup frequenter "le chemin des écoliers", ou encore du genre à vouloir "y aller son petit bonhomme de chemin, peu importe.

Au même titre qu'"un chemin de mille kilomètres commence toujours par un pas", comme nous le rappelle le sage Loa Tseu, un agenda de trois cent soixante cinq jours commence toujours par une première page.

Alors tournez vite la page, et entamons ensemble ce grand chemin que vous allez de faire l'année 2010.

Nous sommes heureux que notre agenda soit votre compagnon de route pour cette nouvelle année que nous vous souhaitons riche de rencontres, de projets et de réussites.

En route...!

Pour l'équipe de L'ESTRAN
Robert Schnatter


2009 - Edito

Accueillir, du latin ab (qui indique l'éloignement, la séparation) et colligere (qui évoque la ceuillette, la récolte, le rassemblement), signifie recevoir. Ceci nous rappelle que lorsque nous accueillons quelqu'un, nous sommes à la fois celui qui offre mais tout d'abord celui qui reçoit ce cadeau qu'est la rencontre avec l'autre. On notera d'ailleurs que le terme d'hôte que nous utilisons en français désigne à la fois l'accueillant et l'accueilli.

Pour illustrer cela, la treizième édition de l'Agenda L'ESTRAN accueille notamment des textes rédigés par dix demandeurs d'asile en France logés actuellement à la Maison Des Journalistes. Ces derniers, qui viennent demander l'hospitalité à notre pays, pour pouvoir vivre librement et en sécurité, ont souhaité nous offrir leur temps et leur plume pour illustrer de leurs témoignages, le thème de l'accueil qui nous accompagnera tout au long de l'Agenda L'ESTRAN 2009.
Grâce à eux, nous découvrirons au fil des mois les rites, usages, fêtes et plats spécialement destinés à l'accueil dans leur pays d'origine.

Nous nous proménerons ainsi tout au long de cette année: au Paraguay, au Maroc, au Tchad, au Congo, en Guinée Bissau, à Cuba, en Haïti, en Mauritanie, au Maroc, au sénégal, etc.
Nous voyagerons également dans le temps puisque vous découvrirez ainsi, au fil des semaines, quelques principes, usages, voire règles de politesse qu'il est traditionnellement de coutume de respecter pour satisfaire aux principes de l'accueil.
Actuel, quand même, nous évoquerons les difficultés auxquelles sont de plus en plus confrontés tous ceux qui demandent à notre pays de respecter sa tradition d'accueil.
Utile enfin, nous vous donnerons la première clé de tout accueil, puisque vous pourrez apprendre à dire "bonjour" en maori, en chinois, en croate, en kabyle, en créole, en roumain, en basque, etc. 

Aussi, nous vous invitons à accueillir sans tarder et comme il se doit, les trois cent soixante cinq jours de cette l'année 2009 pleine de bonjour(s) et que nous souhaitons riche de projets, de plaisir et bien sûr de rencontres nouvelles.

Robert Schnatter




2008 - Edito

Quand on ouvre un nouvel agenda (que ce soit le 1er janvier, le 15 avril ou même le 18 octobre) et que l'on se trouve face à toutes ces pages blanches, on est parfois pris de vertige…

Toutefois, très vite s'impose à nous la conviction que toutes ces journées à venir ou tout reste à écrire (et à vivre) sont autant de nouvelles promesses pour demain.

Chaque agenda que l'on démarre est,
c'est certain, le signal d'un nouveau départ…

L'année 2008 se présente sous les meilleurs augures, puisque bissextile, elle nous offre un calendrier de 366 jours au lieu des 365 habituels. Quelle aubaine…..

Pour sa douzième édition, l'Agenda L'ESTRAN a souhaité profiter de cette singularité(1) pour vous proposez un voyage dans le temps et dans l'espace (si, si…) autour du thème des calendriers.
Loin de nous la prétention de vous initier aux savants calculs qui prévalent à leur élaboration, ni de faire de vous des experts en calendriers.
Notre intention est plutôt de vous faire découvrir qu'à côté du calendrier que nous partageons tous (ce qui est bien pratique), il en existe bien d'autres qui, selon notre culture, notre religion ou nos origines, rythmeront de leurs propres dates notre année 2008.

Tous ces calendriers témoignent et rappellent nos diversités, nos richesses et le droit de chacun d'entre nous à cadencer l'année selon nos propres repères.

Alors, que vous soyez plutôt du genre lunaire ou solaire, que vous attendiez avec impatience d'entrer dans le cycle du rat, que vous envisagiez un prochain séjour sur Mars ou encore que vous ne vous fiez qu'à la cime des montagnes, peu importe...

Nous vous invitons à ne pas attendre les calendes grecques(2), et à entrez vite dans votre nouvel agenda pour y inscrire une année 2008, que nous vous souhaitons riche de projets, de plaisir et de rencontres.

Robert SCHNATTER

(1) Qui ne se produit que tous les quatre ans.
(2) Qui bien sûr n'existent pas puisque les calendes sont romaines.




2007 - Edito

























2006 - Edito Carburant

Je te dis de ne pas t’asseoir sur mes genoux… tu m’entends… mais tu vas me laisser tranquille… il va me laisser tranquille… mais il va en prendre deux…

L’amour c’est le nouveau né qui ouvre grand, déchire le sexe de sa mère et pousse un cri d’amour et d’effroi. Mon amour ! Mon bébé ! Mon tout petit ! A chaque instant de vie et de mort le monde résonne de ce cri et de ce manque.

Mais quand est-ce qu’elle va fermer sa gueule ? Je t’assure je la tuerais.

Je t’aime… mon amour… ma beauté… mon loup… ma louloute…

Très cher Antoine où es tu à cette heure de la nuit ? Ton corps manque cruellement à mon corps qui frissonne encore sous tes doigts. Je serre ton gros oreiller tout contre moi. Je t’aime.

Déjà dix ans que tu t’es penché vers moi sur le pont des arts : « comment t’appelles tu belle Juliette ? » Je m’appelle Julie. Ca l’a fait rire. Mais il est tard. Elle n’est toujours pas là. Je l’aime.

C’est toi Sabine ? Entre. Installe toi prends un verre fais comme chez toi j’arrive tout de suite je t’aime.

Ils marchent serrés les uns contre les autres tout près des vagues. La mer n’en finit pas de souligner leur présence. Ils s’appellent Ambroise et Thomas Mohamed Antonia Rachid Marcel John Peter Karl Jenny… Un homme une femme… deux femmes… deux hommes ils laissent leurs pas sur l’estran.

Je passe la porte de l’Estran l’écouteur du mini disque fiché dans les deux oreilles. Je questionne à Beaubourg je questionne Gare de l’Est je questionne à la campagne je remonte la rue Saint-Denis… les filles refusent de répondre. C’est quoi l’amour ? Mais tu m’emmerdes avec tes questions à la con !

Je pense à la porte au seuil que nous passons depuis dix ans. La porte du 10 est ouverte ou fermée. Ils sont nombreux et toujours seuls. Ils descendent l’escalier. Bonjour c’est bien ici l’Estran ? Oui c’est bien ici. Asseyez vous. Le café coule. Vous auriez pas du thé ? Si bien sûr.

Et les enfants qu’est ce qu’ils font ? Ils dessinent

Jean-Marie Thiédey, octobre 2005




2005 - Edito Intérieur/extérieur nuit

J’aime la nuit pour ce qu’elle raccourcit mon champ de vision et me ramène à l’intérieur. J’aime la nuit pour tout ce qui du jour se dissout. J’aime la nuit quand je sillonne et redessine la ville ou me perd dans la forêt profonde. La nuit me prend au bout du jour. Le jour je rentre dedans au petit matin, du moins quand je suis en forme, sinon je trébuche dessus. La nuit elle m’enveloppe, elle me frissonne, elle me transporte.

Lorsque je pense à la nuit, je pense au jour qui se retire, qui rentre chez lui pour me laisser chez moi. C’est dire combien il est important d’avoir un chez soi à la fin du jour. Y pense t’on assez chaque fois que nous accueillons ceux qui n’ont pas ce petit lieu qui, la nuit tombée, t’offre l’hospitalité? Lorsque quelqu’un frappe à la porte, il y a deux solutions : ouvrir ou ne pas ouvrir. Ce n’est pas simple mais c’est important d’y penser et d’y répondre. Est-ce un ami ou un ennemi, surtout la nuit ? Hostis définit tout à la fois l’hôte et l’ennemi voilà qui n’arrange rien…

La machine néo-libérale très productive mais souvent aveugle génère des centaines de millions d’exclus ici et ailleurs, laissant de moins en moins de place à l’hospitalité Ceux qui ne laissent pas entrer ou laissent dehors, ceux qui vous poussent violemment pour vous faire sortir, ceux qui vous déclarent indignes et vous mettent au ban de la société, fabriquent des violences sociales et s’opposent à une culture de l’hospitalité, Ils ignorent le droit d’asile de jour comme de nuit mais surtout l’autre comme part de soi.

Kris Cheung aime la nuit et l’Estran. Tout ces temps ci, il est sorti le soir pour gagner et photographier la nuit. Jour et nuit l’estran marque la grève d’un inlassable flux et reflux. La marée est aussi humaine, marée haute le jour et marée basse la nuit. Dans l’agenda 2005, les photos de Kris dialoguent avec les textes de ceux qui souvent ont été plus que d’autres à l’épreuve du passage du jour à la nuit. Merci à ceux qui ont participé à cette neuvième édition de nous accueillir pour les prochaines 365 nuits.

Jean-Marie Thiédey, octobre 2005




2004 - Edito

J'ai de nombreuses raisons d'aimer l'Europe pour son histoire, pour ses couleurs et pour l'espoir que j'ai de voir ce continent mettre au monde de nouvelles aventures humaines. Je commence par une histoire.

En 1945, Jean - ce pourrait être mon père ou le vôtre - est rentré des camps complètement gelé. Heureusement, Sarah d'origine tunisienne, infirmière militaire, l'a réchauffé comme elle en avait réchauffé beaucoup, français, anglais, allemands, algériens et autres blessés. Très vite entre Jean et Sarah, de grandes étreintes, deux enfants, le baby boom. Ça tombe bien le plan Marshall va les aider à vivre et à reconstruire l'Europs cassée de partout.

1949 est "caliente" comme dirait un de mes bons amis chinois : A l'Est, l'URSS propose le Comecon et la bombe atomique. A l'Ouest le Conseil de l'Europs et l'Otan voient le jour. Les deux grands blocs s'installent dans "chacun son camp". L'Europs se fige d'ouest en est.

Pas grave, les parents nous emmènent en vacances à la mer: les congés payés, les grands estrans de sable fin, les coquillages qui chantent les bienfaits de la consommation, les voitures toujours plus de voitures... Ça roule et même pas mal jusqu'au 9 novembre 1989. Soudainement, sans trop qu'on s'y attende, le mur des murs tombe. Berlin est en liesse, c'est la ruée vers l'ouest. Salut Charlie.

"Pandeurope" est fracturée et nous livre chérubins et monstres: réunification de l'Allemagne et guerre du Golfe, éclatement de la Yougoslavie et de l'URSS, traité de Maastricht et marché unique, sommet d'Helsinski et Traité de Nice, entrée en vigueur de l'euro et bien d'autres choses...

Nous voici en 2004. Allemands, Anglais, Autrichiens, Belges, Chypriotes, Danois, Espagnols, Estoniens, Finlandais, Français, Grecs, Hollandait, Hongrois, Irlandais, Italiens, Letons, Lituaniens, Luxembourgeois, Maltais, Polonais, Portugais, Slovaques, Slovènes, Suédois, Tchèques et plus tard Bulgares, Roumains, Turcs vont entrer en "classe européennes". Espace économique, social et politique qui, pour vingt-cinq nations, comptera 455 millions d'habitatants - 7,5 % de la population mondiale - vingt-et-une langues et plus de cinquantes minorités.

Pour sa huitième édition, l'agenda ESTRAN se fait l'écho de l'Europe et de l'Union. Cette construction se fait de l'ouest vers l'est entre le nord et le sud. De Brest à Resekne en Lettonie les frontières vont être repoussées jusqu'en Biélorussie. Outre les informations, les saveurs, les clins d'oeil que nous avons séléctionnés pour dire l'Europe, nous avons eu grand plaisir à travailler avec Stanislas Kalimerov, photographe biélorusse, dont les portraits croiseront vos regards tout au lond de l'année 2004 et Iglika Christova, peintre et graphiste bulgare, qui nous propose des desseins tendres et ironiques, revisitant ce qui nous reste de clichés et de desseins populaires.

Je me plais, pour terminer, à rêver à toutes les mers qui nous entourent et tout particulièrement à la Méditerrannée. De l'extrême nord du Danemark, à l'extrême sud de l'Espagne, je salue nos amis Maghrébins et Africains, qui ont particilé à la construction de notre histoires et, pour certain, donnés leur vie. Je souhaite que l'Union leur offre les moyens de leur épanouissement tant sur les terres d'Europe que dans leurs pays d'origine.

Jean-Marie Thiédey, 18 octobre 2003




2003 - Edito

Christophe rapproche toi de Katia, je n'ai que ton épaule dnas le cadre et toi Pierre tu es trop grand, tu te mets assis devant. Nelly, ton beau sourire...vous ne bougez plus...

C'est avec une image obtenue à l'aide d'une chambre noire, après plusieurs heures de pose et fixée sur une seimple plaque enduite de bitume de Judée que débute, en 1827, l'âge de la photographie. Pour la 7ème édition de l'agenda, nous accueillions des photos de résidants d'associations qui s'adonnent au plaisir de la photographie et préparent en relation avec des ateliers d'écriture, une exposition "Déclic" en 2003 (commission culture de la FNARS Ile-de-France).

Avec l'appareil photo, je pars vers l'extérieur pour me saisir de lieux, de scènes, de regards...

Impossible de ne pas revoir l'immense appareil sur trépieds du photographe caché sous le voil noir dans la cour de l'école face aux élèves installés en cascade et encadrés des instituteurs, et ces magnifiques boîtiers, les Voigtländer dont la chambre s'ouvrait en accordéon et le cube de chez Kodak que l'on tenait sur le ventre, et le jetable avec ou sans flash, et ces myriades d'objectifs, et la photo numérique qui occupe nos écrans informatiques, et toutes ces photos qui couvrent les murs, les écrans et m'envahissent...

Photos qui circulent dans les familles de mains en mains, de générations en générations; photos de presse qui ont croisé les regards de tous les lecteurs de la planète; photos tant attendues dans la lumière bleue du labo ou chez le photographe qui développe la pellicule déposée quelques jours auparavant.

Il y a l'oeilleton, le viseur, la mire, la cible - visée, ajustée, convoitée, rêvée - la photo de la star qui nous fait craquer. Pléiade de photos qui nous embraquent, mais aussi nous imposent le silence et une sorte de gravité. "Lumière", "Foyer", "Réveler", "ouverture", "Développer", termes sortis de la chambre noire et mots à penser.

Jean-Marie Thiédey. Novembre 2002




2002 - Edito

Pour cette sixième édition et la seconde année du troisième millénaire, nous avons choisi le thème de l’homme qui cherche. L’enfant curieux est en nous. Il questionne, découvre, apprend comme ces grands aventuriers réels ou imaginaires qui nous font rêver. Il invente , construit, modifie le monde et ses représentations.

Deux mille et deux pourrait être un belgicisme.Je salue Tintin, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol, respectivement enquêteur, râleur et inventeur , qui dès l'enfance, m'ont entraîné dans le monde à travers leurs aventures. Dans des temps plus lointains, je me rappelle la fuite d’Egypte et le voyage d’Ulysse , plus loin encore les âges farouches peuplés de diplodocus et de velociraptors, plus loin encore les périodes obscures et chaotiques dominées par un Chronos dévorant. Demain dessine de belles et parfois inquiétantes perspectives d’avenir et de liberté. 2001 Odyssée de l’Espace le film de Stanley Kubrick sort sur les écrans en l’an 1968 et nous projette 33 ans plus tard, trente trois années de révolutions dans la plupart des domaines de nos vies de terriens du XXI eme siècle..

Un peu malgré nous, nous quittons 2001 de l’Amérique, en laissant derrière nous la statue de la liberté. Elle ouvre les portes de l’atlantique, nous invitant, à retrouver en mer les grands navigateurs, chercheurs, découvreurs du XIII ème au XV ème siècle, de Marco Polo au Capitaine Cook. Ils partent pour découvrir le monde sur ce qui aujourd’hui, nous paraîtraient de frêles embarcations, mille sabords! Changent les perspective et dessinent une nouvelle géographie de la terre et de nos imaginaires.

En 1254 à Venise, naît le petit Marco. Amoureux des voyages, il traverse toute l’Asie par la Mongolie et revient par Sumatra. Il voyage 24 ans et rencontre notamment le Khan, empereur mongol d’une insatiable curiosité qui disait de lui « vous êtes bien le seul qui sache regarder autour de lui ». Ils vont être nombreux, les hommes et femmes qui sous des formes différentes, vont emprunter dans le sillage de Marco, les chemins de la recherche. Je pense plus particulièrement à Galilée, à Darwin et Pasteur, à Newton et Einstein, à Pierre et Marie Curie, aux frères Lumières, à Vermeer et Picasso, à Cervantes et Kafka, à Paul Ricoeur et Michel Serres...

Au tout début du Don Quichotte, Cervantes nous dit de son héros qui se prépare à partir : « Ce qui le pressait, c’était la privation qu’il croyait faire au monde par son retard, tant il espérait venger d’offenses, redresser de torts, réparer d’injustices, corriger d’abus, acquitter de dettes ».

Jean-Marie Thiédey, 24 octobre 2001




2001 - Edito

L'Estran a été créé le 23 février 1996. Sa mission est l'accueil des publics "justice" au sein d'un reseau qui permette à chacun(e) de retrouver sa place dans la cité.

Le 21 décembre 1999, nous découvrions à la Cité du refuge un immense échafaudage recouvert de millier de dessins, peintures, sculptures et photos réalisés par les personnes qui fréquentent les ateliers des associations d'accueil. Parmi cette importante production, treize tableaux ont été choisis et illustrent l'agenda 2001. Chacun s'adresse à nos imaginaires. L'oiginal de la couverture est une tres grand bâche peinte qui claque au vent de la rue et du fantastique. A partir des photos de Jacques Canton-Larcher, katia Boudet à mis en page oeuvres choisies et fragments qui nous invitent à la lecture et au voyage.

Les treize dessins et peintures qui sont là nous mettent en présence de ceux qui les ont imaginés et fabriqués mais aussi des lieux insitutionnels qui les ont accueillis parce qu'ils n'avaient pas ou plus les moyens d'avoir un chez soi.Face à la persistance de situations sociales et économiques difficiles, on ne peut nier l'importance du facteur culturel. Il est l'expression de l'apartenance à un groupe social et traduit souvent plus fortement que les écarts de revenus, les inégalités sociales.

Les personnes en grandes difficulté ont en commun de n'être plus guère ou plus du tout dans le monde; Elles dérivent à la surface du lieu ville ou du lieu monde. Les gens dans la rue et les sortants de prison sans domicile en sont les figures emblématique.Il y a bien conflit ou concordance entre social et culturel et c'est dans la cité que la rencontre peut avoir lieu et permettre à chacun de restaurer et d'être acteur et créateur.

Offrir l'hospitalité, donner des réponses précises, entendre l'autre au plus près de sa situation présente dans une relation contradictoire et l'associer à une action sociale solidaire en reseaux sont les grandes lignes du travail social aujourd'hui.

A côté du travail social, les lieux de culture et de loisirs sont de merveilleux espaces de rencontre et de participation à la vie collective. Continuons de mutiplier les ateliers de création et d'aller ensemble au théâtre, au musée, au cinéma, au cirque et dans les jardins.

Jean-Marie Thiédey. Octobre 2000




2000 - Edito

L'agenda, au détour de ses pages, accueille pour le cru 2000 vingt cinq dessins ou peintures du dessinateur de presse Nicolas Vial (le monde, l'Express, le nouvel Obs, le Temps, etc.) : portrait d'hommes croisés sous tous les climats avec une forte confrontation de traits noirs et blancs ou toiles peintes habitées de figures presques légendaires, dans des paysages délibéréments bleus, les dessins ou toiles de Nicolas Vial habiteront cet objet commun que nous ouvrirons et fermerons au fil de l'espace et du temps de l'année qui vient.

C'est au bout d'un long escalier pentu, que j'ai fait la connaissance de Nicolas Vial dans son atelier du 14ème arrondissement.

Je frappe, la porte s'ouvre.

Une grande table à dessin, une table d'artisan entre la terre et le ciel portée par deux maquettes de bateaux, voiliers pour l'une, cargo pour l'autre et très loin au dessus de Paris la mer.

Difficile d'éviter le trait noir du dessinateur du monde. Afrique du Sud, Afrique du nord et un zeste de Mozart dans les bagages du voyageur en partance pour New york ou Johannesburg.

Un certain Duprat était là comme sorti de chez Corto Maltese avec juste le brin de nonchalance qu'on aime lorsque le temps est venu de se mettre à table. Qui allait écoper dans cette affaire? Il allait craquer quand Nicolas Vial mit, sur la plaque opaque allumée, les clichés de travaux plus secrets, moins exposés.

Retour à la terre, escale dans un monde de "losers" avec la couleur bleue du ciel en travers de la route de mecs qui "trainent le sud". La belle Katia n'est pas là mais Duprat réussira à lui faire parvenir les originaux par l'intermédiaire de Kris.

L'enquête ne fait pas que commencer; au métro Raspail nous reprenons en main nos portables messages-appels-messages. Quelques marches d'ecalier direction Clignancourt. Sur la banquette rose du wagon, Duprat a d'étranges yeux bleus. J'lui lance: "Y-a plus de temps à perdre, rendez-vous en 2000". La porte s'ouvre. Il n'est déjà plus là. Ce soir, il n'imprime pas.

Jean Marie Thiédey, décembre 1999




1999 - Edito




























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